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Avishai Cohen

Biographie
Avishai Cohen

Peu de voyages se sont avérés aussi aventureux et imprédictibles que le parcours musical que mène Avishai Cohen depuis plus de vingt ans. La large discographie de ce bassiste et compositeur israélien très apprécié témoigne de l’évolution permanente qui a caractérisé sa carrière de leader. Sa dernière sortie, 1970, qui marque son plus grand succès commercial jusqu’ici, l’a introduit auprès d’un public orienté pop n’ayant, pour la plupart, pas idée de la richesse de son catalogue et de ses œuvres.

N’aurait-il pas été évident d’appliquer cette recette à nouveau ? Non, car Avishai n’est pas du genre à passer deux fois par le même chemin. Arvoles (qui signifie « arbres » dans l’ancienne langue ladine) est donc très différent de son prédécesseur, tant au niveau du son que de l’ambiance qu’il dégage. « Cette fois, j’ai voulu me concentrer sur autre chose. Pour moi, Arvoles est une musique nouvelle, une sorte de réflexion sur l’univers qui m’a entouré ces dernières années. On pourrait dire que ce nouvel album dévoile une autre partie de ma personnalité. Si vous écoutez les deux albums du début à la fin, vous aurez une bonne idée de l’homme, du mari et du père que je suis. »

Arvoles rassemble une série de compositions originales et une chanson traditionnelle qu’Avishai a écrites au cours de ces dernières années et qui n’étaient pas censées se retrouver sur le même album. Il se révèle pourtant d’une grande cohérence. Sur Arvoles, Avishai est rejoint par les membres de son trio, le batteur Noam David (Israël) et le pianiste Elchin Shirinov (Azerbaïdjan), deux musiciens et compositeurs incroyables qui l’accompagnent en tournée jusque fin 2020.

« Cet enregistrement part à la recherche d’une manière d’en dire plus avec moins », explique Avishai, « mais pour y parvenir, il faut de l’expérience ». La musique possède un ADN unique clairement défini, dont Avishai n’a pris conscience qu’une fois l’album gravé sur les bandes. « Il m’est impossible de m’échapper de moi-même, même si je le voulais. » Et ainsi persiste le dynamisme qui le caractérise.

La musique d’Avishai dévoile des traces de musique classique et de rythmes afro-caribéens. De bebop, de hard bop, de swing et de hip-hop. Mais sur chaque nouvel album, sa propre personnalité brille avec plus d’insistance. « Ce visionnaire global du jazz », comme l’écrit le magazine Down Beat, se sent aujourd’hui beaucoup mieux dans sa peau. « Je pense avoir appris à aller plus rapidement droit au but, tant dans la musique que dans la vie. La plupart des compositions semblent jeter un regard en arrière. J’y ai même intégré des instruments à vent, avec Björn Samuelsson (trombone) et Anders Hagberg (flûte), ce qui n’avait plus été le cas depuis pas mal de temps. C’est une sorte de retour aux sources, mais avec la maturité et la vision que j’ai accumulées depuis deux décennies. La nostalgie s’y déploie dans toute sa splendeur romantique, sincère et douce-amère. Tout l’album en est empreint, et plus particulièrement des titres comme Childhood, New York 90’s et Nostalgia. »

« J’ai vécu une enfance comblée. Aujourd’hui, je suis fier d’inclure un tableau de ma mère sur la pochette de l’album. Elle est une vraie artiste et ce geste permet, en quelque sorte, de boucler la boucle. Je suis très heureux de pouvoir collaborer avec elle de cette manière. »

Et c’est ainsi qu’Avishai Cohen nous offre à nouveau un chapitre magistral, plein d’esprit, de joie et du plaisir de jouer et d’écouter ensemble à l’état pur. Un album qui se distingue des seize qui l’ont précédé. Et l’avenir ? Nous ne savons pas ce qu’il nous réserve.

Une chose est sûre : la surprise sera au rendez-vous…


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