Marquis Hill

Biographie
Marquis Hill

Chicago a toujours été un terreau fertile pour les musiciens de jazz. Depuis que les premiers pionniers Louis Armstrong, Jelly Roll Morton et King Oliver y plantèrent les graines du jazz en 1917, la « Ville des vents » a enfanté une myriade de géants aux styles variés, des princes du swing Benny Goodman et Bud Freedman  aux plus modernes Muhal Richard Abrams, Jack DeJohnette et Herbie Hancock. Marquis Hill, jeune trompettiste de 29 ans, s’ajoute aujourd’hui à cette longue liste de prodiges. Hill est décrit comme un « trompettiste au talent intimidant » par le New-York Times, dont la « musique cristallise le swing percutant et rythmé du jazz de Chicago » (Chicago Tribune).

A la trompette ou au bugle, Marquis Hill aiguise un son chaleureux et mélodieux, avec lequel il tisse et effile d’élégantes mélodies, impérieuses et entraînantes. Compositeur de talent, il confectionne à partir d’un son qui lui est propre des titres originaux inspirés à la fois du post-bop, du hip-hop, du R&B et du slam. Après avoir publié quatre albums bien accueillis par la critique sur le label Skiptone Music – New Gospel (2011), Sound of the City (2012), The Poet (2013) and Modern Flows, vol. 1 (2014) – Marquis Hill entre dans la cour des grands en gagnant le Thelonious Trumpet Competition. Il se voit à cette occasion décerner une bourse de 25,000$ et offrir un contrat avec Concord Records.

Ultime récompense : Hill publie son premier et fascinant album The Way We Play chez Concord Records le 24 juin 2016. Il y joue accompagné par son ensemble de longue date, le Blacktet, composé du saxophoniste Christopher McBride, du vibraphoniste Justin Thomas, du bassiste Joshua Ramos et du batteur Makaya McCraven. Plusieurs artistes ont également été invités à participer à l’album: la chanteuse Christie Dashiell, le tromboniste Vincent Gardner, le percussionniste Juan Pastor et le slameur Harold Green III se produisent sur plusieurs titres. A la différence de ses trois premiers albums, constitués essentiellement de compositions originales, Hill propose dans The Way We Play une poignée de standards, qu’il s’est approprié pour la plupart durant ses années de formations. Il revisite ainsi de grands classiques comme « Maiden Voyage » d’Herbie Hancock et « Straight No Chaser » de Thelonious Monk, mais aussi des œuvres plus rarement jouées comme « Beep Durple » de Carmell Jones et « Fly Little Bird » de Donald Byrd’s. Son approche résolument moderne et centrée sur le groove ancre profondément The Way We Play dans le présent.

La musique s’empare de Hill et de son imagination dès le plus jeune âge. Il grandit dans le quartier de Chatham sur la rive sud de Chicago, et commence à jouer de la batterie à l’âge de quatre ans. Il décide de troquer ses baguettes contre une trompette après avoir entendu son cousin s’entraîner. Hill découvre le jazz durant sa dernière année de primaire (5th grade) à la Dixon Elementary School. Diane Ellis, alors directrice de l’école, décelant chez le jeune Hill une appétence particulière pour la musique, lui offre cette année là un album de Lee Morgan. Ce présent sera l’étincelle qui allumera l’insatiable feu artistique de Marquis. « Je lui dois beaucoup, explique Hill, j’ai écouté cet album et Lee Morgan m’a tout simplement bluffé. Ce jour là je suis tombé amoureux de cette musique. »

L’année suivante, Hill rencontre un autre mentor musical qui aura sur lui une grande influence : Ronald Carter. Directeur du département jazz de la Northern Illinois University, Carter dirige également le South Shore Youth Program, une organisation pour la jeunesse proposant à des jeunes des quartiers défavorisés de répéter dans un big band cinq jours par semaine et de se produire quotidiennement pour des concerts, contre rémunération. Carter laisse sur Marquis Hill une empreinte indélébile, si bien que ce dernier s’inscrit à la Northern Illinois University (NIU) après avoir tenté d’entrer à la Kenwood Academy High School. Hill en sort diplômé d’un Bachelor en Arts et Musique en 2009.

Hill étudie également à l’école Ravinia Jazz Scholars, il a alors l’opportunité de jouer avec des musiciens de jazz reconnus comme le guitariste Bobby Broom, le pianiste Willie Pickens ou le trompettiste Tito Carrillo. Alors qu’il n’est pas encore diplômé, Hill devient l’un des trompettistes les plus demandés de Chicago, il se produit de manière remarquée dans les clubs de jazz avec les meilleurs musiciens de la ville, notamment les saxophonistes Von Freeman et Fred Anderson.

Hill poursuit ses études musicales à la DePaul University’s School of Music, il en sort avec un diplôme en Enseignement du jazz. Tout en enregistrant en tant que leader avec son Blacktet et en tant que sideman aux côtés d’ artistes basés à Chicago comme le chanteur Milton Suggs, le saxophoniste Ernest Dawkins et le contrebassiste Matt Ulery, Hill continue d’œuvrer pour la pédagogie musicale en enseignant à la University of Illinois de Chicago, au Birch Creek Music Performance Center d’Egg Harbor, Wisconsin, et au NIU Summer Camp.

En 2014, Hill déménage à New-York, tout en continuant d’animer la scène jazz de Chicago. Il se concentre principalement sur sa carrière solo, mais enregistre toujours en tant que sideman, et avec brio, pour des artistes à la renommée internationale tels que le bassiste Marcus Miller et le saxophoniste Joe Lovano. Deux ans après avoir remporté la Monk Competition, Hill est toujours sur un petit nuage : « Gagner cette compétition m’a donné confiance en moi et m’a appris à travailler dur pour ce en quoi je crois, déclare-t-il. Cette expérience m’a prouvé que je suis sur terre pour une bonne raison. Je dois continuer à aller toujours plus loin avec ma musique. »