Wallace Roney

Biographie
Wallace Roney

Depuis ses 16 ans, le trompettiste Wallace Roney a gagné l’admiration et le respect de ses paires tout autant que ceux de ses maîtres. Appartenant au groupe restreint des musiciens de sa génération ayant appris et parfait leur art auprès des grands maîtres du jazz, Roney s’est fait une place parmi cette élite en jouant avec les meilleurs musiciens. On pense notamment à Tony Williams, Ornette Coleman, Herbie Hancock, Art Blakey, Elvin Jones, Chick Corea, Wayne Shorter, Sonny Rollins, Dizzy Gillespie, et bien sûr son mentor, Miles Davis. Sa relation avec le trompettiste de légende eut une grande influence sur sa carrière.

Mile Davis prend Wallace Roney sous son aile après l’avoir entendu jouer à son gala d’anniversaire au Carnegie Hall en 1983. Les deux musiciens forment un tandem dont la musique atteint son apogée en 1991, à l’occasion d’un concert historique au Montreux Jazz Festival. A la mort de Davis, Herbie Hancock, Ron Carter, Wayne Shorter, Tony Williams et Roney forment un groupe qui tournera dans le monde entier en hommage au trompettiste.

Roney explique à propos de sa musique : « Mon but est de créer la meilleure musique possible. J’apprécie, je peux jouer et j’écoute absolument TOUS les types de musique. Mais c’est le jazz qui me permet le mieux d’exprimer ce que je ressens. »

Le nouvel album de Wallace Roney, A Place In Time, est sorti le 4 novembre 2016. Wallace délivre là une œuvre exigeante, brute et intransigeante, et s’inscrit dans la continuité du langage ésotérique, libéré et pourtant structuré du quintet de Miles Davis. Développé dans l’ombre de Miles, le jeu de Roney est souvent associé à celui de son mentor. Mais l’influence de Miles sur Roney n’est pas aussi grande que l’aura retenu l’histoire : Roney a en effet une palette plus vaste, un son plus affirmé et plus incisif dans les attaques. La set-list de Wallace se compose aujourd’hui de thèmes dont la  simplicité cache une grande sophistication harmonique. Les envolés en solo, portées par une atmosphère musicale habitée et une rythmique soutenue, sont inspirées par le souffle « Milsien », mais sont loin d’en être une imitation. Qu’il joue des compositions originales ou des ballades connues du grand public, Roney le fait toujours avec une discipline et un style tous personnels.

Roney  a une façon bien à lui de tordre le son, de le malmener, de produire des phrasés secs et saccadés, lancés dans la stratosphère tels des esprits volatiles, des feux follets incontrôlables. Des musiciens de choix ont été convoqués à cette cession créative: le pianiste et compositeur récompensé aux Grammies Patrice Rushen, ainsi que Gary Bartz au saxophone alto. Naturellement les fidèles sidemen Ben Solomon (saxophones ténor et soprano), Buster Williams (basse), et Lenny White (batterie) sont également de la partie. Le résultat est un enregistrement torride et accompli.